Les participant.es à ce GN n’ont pas besoin d’être des expert.es en histoire pour venir incarner un personnage. Surtout que c'est une uchronie. Ce document propose une synthèse suffisante qui permet de poser le contexte tout en enflammant l'imagination, enfin nous l'espérons. Bonne lecture.
Le jeu se déroule du 8 au 10 mai 1648, année riche en histoire et en rebondissements.
L’Angleterre est profondément bouleversée par la guerre civile. En 1648, les forces parlementaires dominent, tandis que Charles Iᵉʳ tente encore de négocier. Le pays est divisé entre royalistes, parlementaires et les indépendants de Cromwell, dont l’influence grandit. L’attention est tournée vers les conflits internes, ce qui limite son intervention en Europe. Toutefois, l’Angleterre demeure une puissance navale montante et cherche à affirmer son rôle dans le commerce mondial. La stabilité politique reste incertaine. Dans les Caraïbes, le royaume laisse ses colonies se gouverner presque seules. Barbade prospère, d’autres îles survivent tant bien que mal. Cette absence d’autorité attire pirates, aventuriers et capitaines entreprenants. Les Anglais se montrent audacieux : ils s’emparent de criques, plantent du tabac et, faute d’ordre venu de Londres, suivent surtout la loi de l’opportunité. Leur désordre fait leur force… ou leur perdition.
Chaldèque (se prononce Kaldèque) est le nom que se donnent les autochtones vivant sur les îles proches de celle de la Mouette. Considérés majoritairement par les européens comme des sauvages pratiquant une religion intimidante, les Chaldèques ne sont pourtant pas tombés du dernier cyclone. Ce serait une erreur de les ignorer, en les considérant comme une minorité ethnique qui entrave le développement économique. Nullement impressionnés par la théorie du ruissellement présentée par les premier colons, les Chaldèques observent attentivement les motivations et les actes des derniers arrivants. Face à la venue de plus en plus d’européen dans les Caraïbes, les Chaldèques sont partagés sur l’attitude à adopter. Certains pensent que les européens ne resteront pas, certains suggèrent de les chasser tant qu’ils sont peu nombreux, d'autres pensent que tous les européens ne sont pas aveugles d’avidité et qu’ils apportent des changements intéressants.
En 1648, l’Empire ottoman reste une puissance majeure, mais entre dans une période de tensions internes. Après la déposition de plusieurs sultans successifs, le jeune Mehmed IV monte sur un trône disputé, tandis que les janissaires, les vizirs et les factions de cour se disputent l’influence. Militairement, l’Empire demeure redoutable : il contrôle les Balkans, l’Anatolie, le Levant et l’Égypte. Toutefois, les frontières stagnent face à l’Autriche et la Pologne. Le commerce méditerranéen reste crucial, et les corsaires barbaresques soutiennent encore sa puissance navale. L’Empire guette les faiblesses européennes créées par la guerre de Trente Ans, prêt à en tirer avantage. Bien que l’Empire ottoman paraisse lointain depuis les îles occidentales, il demeure un colosse dont les secousses internes résonnent jusqu’aux Caraïbes.
En 1648, la monarchie hispanique est à bout de souffle. L’effort militaire colossal de la guerre de Trente Ans a épuisé les finances. Les révoltes de Catalogne et du Portugal montrent que la Couronne peine à maintenir son autorité. Les Flandres sont en guerre constante contre les Provinces-Unies. Malgré tout, l’Espagne demeure un empire mondial, riche de ses colonies, mais affaibli par une administration rigide et par la dépendance à l’or des amériques. Sa rivalité avec la France structure une grande partie de la politique européenne. Dans les Caraïbes, l’Espagne se montre jalouse comme une maîtresse blessée : elle revendique chaque île, chaque crique, et traque tout navire qui ose défier son monopole. Mais la mer murmure que sa vigilance se relâche ; les convois arrivent moins nombreux, et les capitaines des autres nations flairent l’opportunité de faire fortune.
La France sort victorieuse de la guerre de Trente Ans, mais elle est affaiblie par la Fronde qui couve. Louis XIV est mineur ; le gouvernement est assuré par Anne d’Autriche et son premier ministre, l'archevêque Claude de Rébé. Le royaume a renforcé son influence en Flandres et freiné la puissance espagnole. L’économie est éprouvée mais la centralisation politique et économique progresse, au grand dam des puissants marchands et investisseurs, qui trouvent que les taxes et les impôts sont bien trop nombreux et indécemment élevés. L’armée française est expérimentée, bien qu’épuisée par les campagnes, et Paris impose son poids diplomatique dans les négociations de Westphalie. La France se positionne comme arbitre et rival principal des Habsbourg. Dans les tavernes des ports, on dit que la France prépare de vastes desseins aux Caraïbes, mais qu’elle agit prudemment, car chaque geste est observé par Madrid et la perfide Albion. Comme a dit L'archevêque de Rébé : “les caraïbes ? c’est géré.”
Le Portugal, en pleine Restauration après la révolte de 1640, se bat pour conserver son indépendance face à l’Espagne. Le roi Jean IV consolide le pouvoir de la dynastie de Bragance. Le pays cherche des alliances étrangères – souvent la France et l’Angleterre – pour soutenir la guerre. Dans l’empire colonial, la situation est instable : les Hollandais contestent ses possessions en Asie et au Brésil. Dans les Caraïbes, sa présence reste discrète : quelques marchands, quelques capitaines isolés, mais nul dessein impérial véritable.
Chaldèques versus Espagne : tensions chroniques ; les chaldéques ont surnommé les espagnols “les avides” et ne manquent pas une occasion de leur faire des misères.
Chaldèques versus les européens autre que l’Espagne : relations prudentes ; les chaldéques observent le comportement des derniers arrivés.
France versus Espagne : rivalité majeure ; guerre quasiment continue, sur terre comme sur mer.
Portugal versus Espagne : guerre pour l’indépendance ; France et Angleterre sont des soutiens naturels du Portugal.
France versus Angleterre : relations prudentes ; l’Angleterre est trop occupée par sa guerre civile pour s’opposer à Paris. Cependant dans les caraïbes les anglais sont à l’affût de toutes opportunités et profitent de la faible présence française.
Empire ottoman versus puissances chrétiennes : tensions chroniques mais pas de conflit majeur direct en 1648 ; l’Empire profite surtout des divisions européennes pour se livrer en interne à des guerres de pouvoir à l’échelle de son territoire.
Espagne versus Empire ottoman : relations fluctuantes en Méditerranée, marquées par la piraterie et la rivalité navale.